2025 : une année à créer sans maîtriser
Repartons quelques mois en arrière, au début de 2025 ;
je pensais savoir ce que je voulais. Tout était là, dans ma tête : l’univers, les intentions, l’envie de créer autrement.
Et pourtant, tout ça restait coincé là-dedans et rien n'en sortait.
Vous savez, ce moment où tout va très vite dans votre tête. Vous avez les idées et les envies qui vont dans tous les sens… Vous avez l'impression d'avancer alors qu'en fait vous faites du surplace depuis des semaines : et bien c'était moi début 2025.
Je n’avais que mes mains, mon matériel de poterie, et beaucoup de questions.
Pas de contacts.
Pas de méthode.
Pas de stratégie claire.
Et encore moins une marque réellement formée.
Je pensais être prête.
En réalité, je n'avais pas encore commencé.
Vouloir aller vite, sans savoir par où commencer
Ce que j’espérais, simplement, c’était commencer à vendre mes pièces avant la fin de l’année. Mais en face de cet espoir, il y avait une peur très forte :
celle de perdre du temps à lancer un projet pour lequel je n’avais aucune légitimité.
Je voulais que tout aille vite. Et en même temps, je doutais de chaque pas.
Ces doutes m’empêchaient de faire les choses dans l’ordre. Je produisais des pièces, mais sans vision globale, sans collection clairement définie.
Je regardais autour de moi, et je voyais des personnes déjà “au chapitre 20” de leur projet,
alors que moi, j’avais à peine commencé la préface.
Cette comparaison constante m’a souvent figée et m’a donné envie d’abandonner.
Et si tout cela n’était pas simplement un caprice ?
Une façon d’éviter de retourner dans un monde du travail plus classique, que j’avais quitté en 2022 juste avant mon départ en expatriation.
Ce qui m’a empêchée de faire marche arrière
Malgré tout, je n’ai pas arrêté.
Il y avait d’abord une impossibilité de revenir en arrière. Et puis une forme de fierté : je ne me voyais pas ne pas aller jusqu’au bout.
Mais surtout, il y avait cette sensation, discrète mais persistante, de liberté.
Quelque chose qui se passait quand je travaillais la terre, même dans le doute, même sans certitude.
Je me suis alors engagée dans une formation pour structurer un projet de poterie.
Sans chercher d’alternative ni me demander si je pouvais faire autrement.
Juste avancer.
Progressivement, les choses ont commencé à se mettre en place.
La structuration du projet puis la naissance du nom de ma marque.
Tout ce qu’il signifiait, bien au-delà d’un simple mot.
Puis sont arrivées mes premières pièces “officielles” en kurinuki.
Et avec elles, des phases de création presque "trance", où je me laissais porter par une confiance nouvelle.
Apprendre à créer autrement
Aujourd’hui, ma façon de créer n’est plus la même.
Je m’autorise, ce que j'appelle, des phases blanches.
Des moments de création sans but précis, sans objectif de production.
Je me lance des défis pour sortir de ma zone de confort comme travailler des gros poids de terre ou encore repousser mes blocages en m'exposant sur les réseaux sociaux.
J’ai cessé de me fixer des limites artificielles. Alors oui il y a eu des ratés (et beaucoup) mais aussi de très belles surprises. Et, l'un comme l'autre, ces moments me ressourcent profondément.
Ce que j’ai surtout lâché cette année, ce sont la comparaison et les attentes irréalistes.
Je fais de moins en moins attention au regard des autres et la phrase que je me répète souvent pour ne rien lâcher :
Je ne suis pas en retard, je suis juste sur un chemin différent.
Même s’il n’y a personne autour de moi pour l’emprunter.
Ce que 2025 m’a appris
Si je devais parler à la personne que j’étais au début de cette année,
je lui dirais simplement ceci :
Fais toi confiance.
Tu n'y connais rien ? Demande de l'aide et apprend de zéro.
Tu ne fais pas comme tout le monde? Fonce !
Tu as peur ? C'est bon signe!
Les bonnes surprises arrivent souvent lorsque l'on ose prendre des risques,
Et si ça rate ? Tires en des leçons !
Créer sans maîtriser, ce n’est pas ne pas savoir où l’on va.
C’est accepter de ne pas tout contrôler.
De laisser une place à l’imprévu, à la sérendipité, à ce qui arrive quand on s’y attend le moins.
Je ne sais pas encore exactement où tout cela me mènera.
Mais je sais comment je veux avancer.
En bref, pour 2026, il n'y aura pas d'objectifs, juste des projets à faire grandir.
Floryane
Créatrice de Kintara Ceramics



